Les palétuviers, crabes, oiseaux, … Les espèces emblématiques des milieux humides

Crabe de mangrove, Aratus pisonii

Espaces de transition entre la terre et l’eau, les zones humides sont des milieux extrêmement diversifiés, et ceux qui les peuplent le sont tout autant ! Des crustacés aux mammifères, en passant par les oiseaux, ces écosystèmes abritent une faune riche et étonnante. Certaines espèces, de par leurs capacités d’adaptation ou leurs facultés exceptionnelles, sont devenues des emblèmes de ces zones humides.

La mangrove et ses palétuviers : les as de la survie

Sol instable, pauvre en oxygène, soumis à la houle et à de fortes variations de la salinité... Des conditions extrêmes où prendre racine est impossible... Excepté pour la mangrove qui, par les palétuviers qui la composent, a réussi à s’installer sur cette zone littorale. Pour y arriver, ces arbres ont développé des tactiques de survie ingénieuses :
Un système de racines aériennes (ou racines-échasses) qui leur permettent de respirer et, tels de véritables pilotis, d’être stables sur la vase ;
Une forte résistance à la salinité : la majorité du sel est filtrée par les racines, et l’excédent est rejeté par les feuilles au travers de glandes à sel ;
Une viviparité végétale : les graines germent et se développent sur la plante-mère. Lorsque la plantule atteint une vingtaine de centimètres, elle se détache et vient se planter directement dans la vase à marée basse ou est entraînée par flottaison à marée haute.

Une avifaune diversifiée et abondante

Plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux fréquentent les milieux humides de Guadeloupe, ces derniers leur offrant à la fois le gîte et le couvert.
Parfaitement adaptés à ces milieux grâce à leur morphologie (grandes pattes, long cou et bec effilé), les échassiers, hérons et aigrettes sont les espèces les plus répandues. Mais d’autres se distinguent par leurs particularités.

Balbuzard pêcheur, Pandion haliaetus

Le balbuzard pêcheur
Fin gourmet se nourrissant exclusivement de poissons, le balbuzard pêcheur, compte-tenu de son alimentation très spécialisée, est inféodé aux milieux aquatiques : étangs, rivières, mares...
Volant de façon stationnaire au dessus des étendues d’eau, il plonge tête la première sur sa proie, la saisissant de ses serres incurvées dotées de petites aspérités, ne laissant alors à celle-ci aucune chance de lui glisser entre les pattes !

Le héron vert
Expert de l’embuscade, le héron vert, ou Kio, en deviendrait presque invisible aux yeux de ces proies (grenouilles, insectes, poissons, crustacés...) qu’il surveille, parfaitement immobile sur la berge. Solitaire et ne tolérant la présence de ses congénères lors de ses parties de pêche, le Kio peut leurrer les poissons en utilisant des appâts (plumes, débris végétaux) qu’il dépose sur l’eau pour les attirer.

Héron vert, Butorides virescens

Une intense activité nocturne

La nuit tombée, une ombre plane au dessus des cours d’eau et des mares de Guadeloupe. Le Grand Noctilion est en effet l’une des deux seules espèces de chiroptères dont les poissons constituent la source principale d’alimentation. Son système d’écholocation lui permet de détecter la moindre variation d’ondes à la surface des eaux tranquilles : pour ses proies, nager trop près de la surface devient alors très risqué !

Un équilibre à tout épreuve

Contrairement à la plupart de ses congénères, le crabe des palétuviers, véritable équilibriste, ne fait pas de terrier mais vit sur les racines ou le long des troncs des arbres du même nom, lesquels lui fournissent abri et nourriture. Son régime alimentaire est en effet composé majoritairement de feuilles et d’épiphytes.

Comme un poisson hors de l’eau

Le poisson « gros yeux », de son petit nom scientifique Periophtalmus sp., est aussi à l’aise dans l’eau qu’en dehors, grâce à sa double respiration, branchiale et cutanée, lui permettant de rester hors de l’eau près de 2h.

Palétuvier rouge, Rhizophora mangle
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