La restauration des mangroves en Guadeloupe et en Caraïbe

Les mangroves sont essentielles à l’avenir de notre planète, mais dans de nombreuses parties du monde, elles ont été dégradées voire détruites, emportant avec elles les précieux services qu’elles fournissent, comme la protection côtière ou le stockage du carbone. La restauration de ces milieux - et des écosystèmes côtiers en général - est alors devenue une priorité absolue dans de multiples endroits.
Néanmoins, malgré des premiers essais de restauration datant des années 20 (Asie), la majorité des efforts de restauration échouent. En effet, quand une mangrove a été détruite de manière permanente, il est rare que la restauration aboutisse à un retour vers un écosystème réellement fonctionnel.

Propagule de palétuvier

Une mobilisation citoyenne 

Que ce soit en Guadeloupe, ou à l’échelle de la Caraïbe, les actions de restauration sont majoritairement « populaires » et sont entreprises par des associations environnementales, des établissements scolaires ou même des individuels soucieux de l’avenir de leur planète. Il s’agit d’actions de sensibilisation, de nettoyage et de plantation de jeunes plants (propagules) de palétuviers rouges (Rhizophora mangle, espèce en front de mer).
De plus en plus d’initiatives autour de la protection et de la restauration de cet écosystème se mettent en place en Caraïbe (Jamaïque, Haïti, Guyana). L’objectif prin-
cipal de ces programmes étant d’impliquer les jeunes générations dans la conservation des mangroves au travers d’activités ludiques et manuelles (création de pépinières).
Certaines de ces actions aboutissent même à l’élaboration de plans de gestion spécifiques aux mangroves, comme cela est le cas au Guyana.

Des scientifiques de plus en plus impliqués 

Les expériences de restauration de la part des scientifiques en sont, de manière général, au stade expérimental. En effet, les premières études en Caraïbe portant sur le sujet sont assez récentes et remontent aux années 90. La mobilisation de la communauté scientifique s’est surtout fait ressentir fin 2004 après le passage du tsunami du 26 décembre qui a ravagé l’Asie du Sud-Est. Les résultats de ces efforts de restauration ne pourront être véritablement appréciés que d’ici quelques années voire décennies.
Deux philosophies « s’affrontent » ici : la plantation/replantation et la colonisation naturelle (où la plantation de palétuviers est à proscrire lorsque la mangrove montre des signes d’auto-régénération).
Quelque soit la méthode employée, une restauration réussie résulte dans la constitution d’une forêt de mangrove conséquente, diversifiée, fonctionnelle et insuffisante.
Dans l’attente de résultats plus concrets, des fiches d’aide à la restauration sont élaborées afin d’aider les agents de terrain dans leur travail (MAP) ainsi que des sites internet compilant la bibliographie mondiale existant sur le sujet (http://www.mangroverestoration.com/).

Un espoir pour les mangroves guadeloupéennes

Récompenser les actions et politiques exemplaires mises en œuvre pour la préservation des récifs coralliens, des herbiers et des mangroves, est l’objectif de la « Palme IFRECOR », concours destiné aux élus des collectivités d’Outre-Mer. Pour son projet « Koudmen pour la mangrove », la Guadeloupe s’est vue récompensé en 2013 pour son action concertée en faveur de ce milieu. Cette distinction est une reconnaissance officielle de l’action de restauration écologique qui fut entreprise sur le site de la Gabarre. Un exemple à suivre et à poursuivre !

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