Gédéon : un parcours éco-pédagogique et artistique pour comprendre les milieux humides, la Zone Humide Éducative (ZHE)

Mangroves maritimes, forêts marécageuses, salines, lagunes ou encore cours d’eau, la Guadeloupe est dotée d’une grande diversité de zones humides.
Extraordinaires réservoirs de biodiversité, aussi bien en termes de reproduction, d’alimentation que de repos pour les espèces résidentes ou migratrices, ces écosystèmes remplissent de multiples fonctions leur conférant des valeurs biologiques, hydrologiques, économiques et sociologiques remarquables.
Mais malgré cette richesse qui n’est plus à démontrer, ces milieux naturels sont aujourd’hui fortement impactés par l’industrialisation, l’urbanisation, l’agriculture ou encore le tourisme, entraînant leur dégradation et leur destruction.
Consciente de la gravité de la situation et soucieuse d’y apporter une solution concrète, la commune de Morne-à-l’Eau, en partenariat avec le rectorat de Guadeloupe, la communauté d’agglomération du nord Grande-Terre (CANGT) et le pôle relais zones humides tropicales, a décidé de réagir à cette urgence, en se lançant dès 2017 dans un projet pilote à la fois innovant et ludique : la zone humide éducative (ou ZHE).
Après discussions, c’est le site de Gédéon qui a été sélectionné pour accueillir ce concept mis en œuvre pour la 1ère fois sur un territoire français. Ce lieu n’a pas été choisi au hasard. Ancienne décharge brute envahie par les déchets ménagers, Gédéon a fait l’objet en 2015 d’importants travaux de réaménagement, ayant pour objectifs de réintégrer le site dans son environnement biologique et paysager et de le préparer à sa deuxième vie. Situé en forêt marécageuse, considérée comme environnement biologique remarquable, Gédéon possède tous les critères nécessaires à l’accueil de ce concept de ZHE.
A la base du projet de réhabilitation du site, un programme de parcours éco-pédagogique avait déjà été pensé et planifié. Avec l’arrivée de la ZHE, ce programme sera renforcé, avec une implication citoyenne plus importante.
Car au lieu de simplement sensibiliser les jeunes Mornaliens par des démarches éducatives dites « classiques », l’idée est désormais de les mettre au cœur même de l’action. Comment ? En les dotant d’une grande responsabilité : celle de gérer par eux-mêmes le site, de l’entretien à la valorisation en passant par l’aménagement. De simples observateurs, ils deviennent acteurs engagés et endossent le rôle de gestionnaires.

Le but de cette démarche ? Déclencher une prise de conscience efficace chez ces enfants, qui seront les porte-paroles de ce projet auprès des autres élèves mais également auprès des adultes (sphère familiale et grand public).
Concrètement, la ZHE se définit comme une zone humide gérée de manière participative par les élèves et les enseignants d’une école primaire suivant des principes définis par une charte. Elle constitue un projet pédagogique et éco-citoyen de connaissance et de protection du milieu humide par des jeunes publics. La classe est ainsi placée au cœur d’une dynamique territoriale faisant appel à l’expertise de l’école et de la commune concernée, mais aussi d’associations d’usagers ou de protection de l’environnement.
L’objectif majeur est d’accompagner les élèves dans leur réflexion sur des questions majeures et sur des notions « d’identité planétaire » afin qu’ils prennent conscience de l’implication de l’Homme sur l’environnement mais surtout, afin de leur donner la volonté et la capacité d’agir en tant que citoyen du monde.
Cet engagement exige de la part de ces jeunes acteurs, un important travail de valorisation (entretien du site, aménagements - exposition, signalétique, parcours de santé...), de communication (vidéo de présentation, brochure...) et de coordination (organisation de manifestations grand public).
Mise entre les mains d’enfants, nul doute que la gestion de la zone se fera de manière passionnée et innovante.
Ce projet, au delà d’une simple implication environnementale, est une véritable mise en situation où les enfants vont développer des savoirs-vivre en société en exerçant de réelles responsabilités et en s’essayant à une « citoyenneté d’attitude » (et non à une simple citoyenneté d’appartenance à une nation). Les élèves deviennent des acteurs décisionnaires. On leur offre la possibilité d’exprimer leurs idées et d’en faire des propositions constructives.
La pratique des habitudes et compétences acquises, le souci de protéger l’environnement et le développement d’une attitude écologique proactive constituent donc les objectifs principaux de cette démarche.

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